Le CPE, nouveau contrat destiné aux jeunes de moins de 26 ans est censé être la réponse magique aux difficultés des jeunes à trouver un emploi. Basé sur un période d'essai de deux ans, ce contrat permet à l'employeur licencier sans préavis ni explication le jeune embauché.
  • Un vrai problème
Les jeunes ont du mal à trouver un emploi. Tous les jeunes ? Certainement pas. Mon neveu a décroché un job en CDI dans une grande entreprise. Il est diplômé (DUT + 1 an) dans le domaine scientifique. Mais c'est mon neveu ! !.
Ceux qui ont des problèmes sont dans des secteurs bouchés, ou bien n'ont pas de qualification suffisante. L'économie est morose et la reprise se fait attendre. Employeurs et salariés sont frileux,chacun voulant rester à son poste ou bein hésite à embaucher.
  • Quelle est la problématique ?
S'agit-il de chercher à recruter des jeunes en grand nombre pour leur apporter un CDI, ou bien est-il question d'apporter de la souplesse au processus d'embauche et licenciement ?
Dans le premier cas, l'objectif consiste à pouvoir évaluer le futur salarié, en limitant le risque d'embaucher un bras cassé ou bien un tire au flanc. Notons que le salarié s'assurera que son employeur n'est pas un de ces voyoux dont les frasques et abus sont régulièrement relatés aux informations.
La période d'essi est donc l'outil adapté.
Dans le second cas, le CDD, ou bien un contrat de mission, ou bien un contrat pouvant être rompu facilement serait la solution. Mais on postule malgré tout que l'essai a été positif et "rapide" au regard des deux ans proposés.. On voit donc que le CPE ne répond pas à la problématique.
  • Qu'est ce qu'une période d'essai ?
C'est une période pendant laquelle chacun -employeur et salarié- teste l'autre. Si chacun est satisfait, alors on fait affaire. Aujourd'hui, la période d'essai va de un à trois mois, éventuellement renouvelable une fois. Moi qui vous écris, je suis ingénieur. J'ai eu des périodes d'essai de trois mois à chaque fois que j'ai changé de boîte. Elles n'ont jamais été renouvelées. Je pense que dans certains cas, notamment des job à résponsabilité élevée, une évaluation durant trois mois peut être insuffisante. Dès lors, plus que trois mois serait logique. Mais dans ce cas, cela concerne-t-il un jeune dans le cadre de sa Première embauche ?
Objectivement, en six à neuf mois grand maximum, chacun doit avoir eu la possibilité de réfléchir et déterminer si le contrat en CDI peut être signé.
L'objectif ici est bien de poursuivre la collaboration employeur-salarié à l'issue de la période d'essai.
En aucun cas, le fait de ne pas justifier l'échec de la période d'essai doit être un point clé.
  • Un problème insidieux
Un manque de confiance chronique entre salariés, patrons et classe politique plombe toute solution. En effet, quand on entend qu'un patron refuse d'augmenter ses salariés au smic, mais que lui-même s'ocrtoie une substantielle augmantation de salaire, les salariés ont des raisons d'être mécontents. Quand les députés augmentent leur traitement en début de session, quand le gaz augment de plus de 5%... les français se disent qu'il y a deux mondes.

Dès lors, en considérant tout ce qui précède, où est la justification d'une période d'essai exagérément longue, si ce n'est pour jeter le salarié pendant ces deux ans ?
  • Une solution ?
La méthode américaine permet d'embaucher un collaborateur sans paperasserie excessive, en quelques minutes ; elle permet également à l'employeur de virer rapidement son employé ; mais le salarié peut aussi partir sans préavis s'il le souhaite (il reçoit une offre plus intéressante d'un concurrent). Ce dynamisme est -je pense- plutôt bénéfique à l'activité économique.
Cette méthode n'est certainement pas applicable en France ; on pourrait peut-être s'en inspirer. Nous conserverions le principe de la souplesse. Une séparation à l'amiable permettrait à chacun de se séparer, eventuellement moyennant indemnités. En cas de désaccord, les Prud'hommes pourrait trancher.
Il y a certainement des imprécisions, des adaptations, mais ce billet contient peut-être quelques pistes à explorer.

Respect et Confiance permettront de réformer le CDI. Mais ce n'est pas en proposant des solution inadaptées et en ne respectant pas les engagements de dialogue que le gouvernement fera passer loi et pillules.